Édition du jeudi 22 janvier 2009
Perpignan
Yves
Decoeur, responsable pour RTE, a exposé mardi l'aire d'études
qui donnera lieu à un "fuseau de moindre impact", et
enfin au tracé de la ligne.
Pour comprendre
l'aire d'études, présentée par Yves Decoeur, il
ne faut pas hésiter à répéter les
caractéristiques du projet et les principes directeurs qui le
guident (voir notre édition d'hier) : la THT France-Espagne
sera totalement souterraine depuis le poste électrique de
Baixas jusqu'à celui de Santa Llogaia (près de
Figueres) ; il sera en courant continu, et utilisera autant que
possible les infrastructures existantes.
L'obligation de "coller"
aux infrastructures existantes a amené RTE à déterminer
une aire d'études spécifique, qui sera soumise pour
accord au préfet ; à l'intérieur de l'aire
d'études, sera défini un fuseau de moindre impact, lui
aussi soumis au préfet ; c'est, enfin, dans ce fuseau de
moindre impact que se trouvera le tracé définitif de la
THT. Quelles infrastructures ?
Par infrastructures
existantes, il faut entendre l'autoroute A9 et ses ouvrages d'art, la
LGV (ligne grande vitesse) Perpignan-Figueres, la RD 900, la ligne
225 000 volts enterrée entre Baixas-Le Boulou.
Mais les
projets ou les réalisations en cours seront également
pris en compte : autoroute élargie, la future LGV
Perpignan-Montpellier, la Rocade Ouest de contournement de Perpignan,
la déviation du Boulou.
Par ailleurs, une station de
conversion devra être construite aux postes électriques
d'extrémité, c'est-à-dire à Baixas pour
ce qui concerne notre département.
En l'état actuel
de l'étude, qui sera élaborée avec la commission
ad hoc au sein de la concertation, 24 communes sont concernées
par le passage de la THT enfouie. Il s'agit (par ordre alphabétique)
de : les Albères, Baho, Baixas, Banyuls-dels-Aspres, Le
Boulou, Canohès, Les Cluses, Maureillas-Las Illas,
Montesquieu-des-Albères, Perpignan, Le Perthus, Peyrestortes,
Pézilla-la-Rivière, Pollestres, Ponteilla,
Saint-Estève, Saint- Jean- Lasseille, Saint-Jean-
Pla-de-Corts, Le Soler, Toulouges, Tresserre, Trouillas,
Villemolaque, Villeneuve-la-Rivière.
Les maires de ces
communes auront forcément leur mot à dire au fur et à
mesure que l'étude ira en s'affinant.
Quant au Tech, son
franchissement se fera en forage dirigé sous le lit de la
rivière ; une technique que RTE connaît bien et a déjà
utilisée dans la ligne de 225 000 volts, enterrée entre
le poste de Baixas et Le Soler.
Les difficultés, voire les
impossibilités, sont ailleurs.
Complexités
En
effet, comme le soulignait M. Decoeur, il est exclu que le tunnel du
TGV puisse accueillir les câbles de la THT. La RD 900, de par
son encaissement, ne semble pas exploitable. Enfin, il est n'est pas
possible de dire, actuellement, si la ligne jouxtera l'A9, ou passera
dessous ; et si l'élargissement (en projet) de l'autoroute
sera utilisable ou pas par RTE.
Dans tous les cas, reste la
question complexe du franchissement du Perthus et de la zone
montagneuse.
La zone montagneuse frontalière impose à
RTE de s'écarter des infrastructures existantes (d'où
la forme de sablier, resserrée en son centre, de l'aire
d'études), et à examiner d'autres alternatives :
cheminement en solution mixte piste forestière et tunnel, ou
tunnel seul. Ce n'est pas trahir un secret que de dire que l'option
des pistes forestières risque de rencontrer des opposants au
sein des commissions de la concertation.
Ainsi, Jean-Jacques
Planes, président du Collectif Non à la THT, et qui
fera partie des deux commissions, ""Courant continu et
santé" et "Mise en souterrain et environnement",
ne cache pas son hostilité au passage de la ligne par les
pistes forestières.
Du point de vue environnemental, il y
a fort à craindre que les paysages qui entourent ces pistes
auraient du mal à se remettre des travaux imposés par
le creusement de la tranchée devant recevoir la T HT. RTE
pourrait donc devoir s'astreindre au creusement d'un tunnel. Et tout
cela devra être décidé d'ici le 15 (voire le 30)
mars, date fixée pour la fin de la consultation. Josianne
Cabanas